jeudi 10 avril 2014

La guerre allemande: Sadowa, la bataille pour l'Allemagne.

La bataille de Königgrätz, plus connu en France sous le nom de Sadowa, est l'une des batailles les plus décisives pour l'histoire de l'Europe au 19e siècle. Si sur le plan militaire elle fut une démonstration de la puissance de l'armée prussienne, elle préfigure certains changements fondamentaux dans l'art de la guerre liés au progrès technique. Comme les batailles du passé elle se déroule sur un espace restreint où s'affrontent néanmoins plus de 450 000 hommes. Dans ce périmètre, l'artillerie autrichienne parvient à maintenir une cadence de tir jamais vue auparavant, prélude au tir de barrage de masse de la Grande Guerre. La cavalerie, reine des batailles jusqu'alors, joue encore une rôle non négligeable notamment la cavalerie autrichienne qui parvient à enrayer l'avance victorieuse de l'infanterie prussienne mais les jours de ces régiments sont comptés face à la rapidité de tir des fusils prussiens.

David FRANCOIS

mardi 1 avril 2014

L'armée de résistance du Seigneur

La Lord Resistance Army (LRA, l’armée de résistance du Seigneur) figure en bonne place parmi les groupes armés qui sont intrinsèquement liés, dans l’imaginaire collectif, aux crises humanitaires frappant le continent africain. Pourtant, si tout le monde a entendu parler de la sanguinaire LRA, il ne semble pas inutile de revenir, même brièvement, sur son histoire, dans la mesure où elle représente sans doute un bon exemple de groupe auxquelles pourrait se trouver confrontées des forces occidentales déployées sur le continent. Cet article met donc l’accent sur l’histoire de ce mouvement en tant que force militaire et ne s’étend que peu sur les causes et les conséquences humanitaires, économiques et politiques de son existence. In fine, l’étude des modes opératoires de la LRA semble révéler que ce type d’organisation peut constituer un adversaire bien plus redoutable que ne le laisserait supposer une représentation communément admise les assimilant à de simples bandes de pillards sanguinaires associant cruauté , magie et absence de buts définis. 

Adrien Fontanellaz 

jeudi 20 mars 2014

Interview de Rémy Porte (Joffre, Paris, Perrin, 2014)

Rémy Porte est un officier d'active de l'armée de terre française qui poursuit, depuis 2001, une double spécialisation, en histoire militaire et dans les relations internationales. Il a soutenu sa thèse en 2004 et son habilitation à diriger des recherches en 2009. Il s'intéresse en particulier à la Première Guerre mondiale, et plus largement aux conflits des IIIème et IVème Républiques en France. Depuis décembre 2011, il tient le blog Guerres et conflits. A l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui voit les publications fleurir, Rémy Porte livre plusieurs ouvrages, dont une biographie du maréchal Joffre (qui a sa page Facebook ici), qui s'est trouvé à la tête des armées françaises de l'entrée en guerre en 1914 à 1916. L'auteur a bien voulu répondre à quelques questions, ce dont je le remercie.




Propos recueillis par Stéphane Mantoux.

lundi 10 mars 2014

Anatomie d'un coup d'État raté: Hitler et le putsch de la brasserie

Les 8 et 9 novembre 1923, Adolf Hitler et le jeune parti nazi dirigent une coalition de groupes nationalistes qui tente un coup d’État qui entre dans l'histoire sous le nom de putsch de la brasserie. Il débute en effet dans la Bürgerbräukeller, une des plus grandes brasseries de Munich, avec l'espoir de prendre le pouvoir en Bavière pour ensuite marcher sur Berlin et renverser la République de Weimar. Le putsch échoue finalement et les autorités bavaroises parviennent à faire condamner 9 de ses responsables. Cet événement qui aurait pu passer largement inaperçu dans l'histoire, fort mouvementée, de l'Allemagne d'après-guerre va néanmoins devenir, après 1933, une geste héroïque pour le mouvement nazi et faire partie intégrante de la mythologie qui entoure la course au pouvoir menée par Hitler.

David FRANCOIS

samedi 1 mars 2014

« Choc et effroi ». Los Zetas

Los Zetas. Le nom est désormais devenu incontournable de la longue histoire des cartels mexicains. Le groupe, composé d'anciens soldats des forces spéciales mexicaines, est né pour servir, au départ, de garde rapprochée au chef du puissant cartel du Golfe. Ces défecteurs de l'armée ont imposé dans le milieu des cartels des techniques militaires, des tactiques de choc, offensives, tout en faisant usage d'une grande brutalité. Au bout de quelques années, cette élite paramilitaire est devenue suffisamment puissante et sûre d'elle-même pour s'émanciper de son « patron », le cartel du Golfe, et soutenir une véritable guerre contre celui-ci et ses alliés du cartel de Sinaloa, ennemi juré des Zetas. Le groupe a profité de son émancipation pour s'implanter en dehors du Mexique, aux Etats-Unis, mais aussi en Amérique centrale, et notamment au Guatemala. Bien que fragilisé par la mort ou l'arrestation successives de plusieurs chefs en 2012-2013, les Zetas n'ont pas disparu. Ils ont contribué à la militarisation accélérée des autres cartels et groupes mafieux, pour faire face à la menace qu'ils constituaient. C'est au cours de la lutte fratricide avec le cartel du Golfe que sont apparus, par exemple, les premiers véhicules blindés improvisés au Mexique. Un groupe comme la Familia Michoacana a relevé le défi pour affronter à armes égales les Zetas. Ceux-ci se sont davantage imposés par leur excellence militaire et leur capacité à terroriser leurs ennemis plutôt que par la corruption ou les manoeuvres en coulisse. L'une des dernières conséquences du processus enclenché par les Zetas -qui a aussi conduit à faire grimper de manière vertigineuse le taux de violence du pays- est l'apparition, parfois discrètement encouragée par l'Etat, de milices d'autodéfense populaires, en particulier dans l'Etat du Michoacan.


Stéphane Mantoux

jeudi 20 février 2014

Interview de Marc-Antoine Brillant : Israël contre le Hezbollah


Marc-Antoine Brillant est chef de bataillon, diplômé de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, et lauréat de l'Ecole de guerre. Il occupe actuellement une position d'analyste pour le retour d'expérience au Centre de doctrine d'emploi des forces de l'armée de Terre après avoir effectué une partie de sa carrière en régiment, durant laquelle il a été projeté en Afghanistan et au Liban par deux fois. Marc-Antoine brillant a récemment publié Israël contre le Hezbollah : Chronique d'une défaite annoncée 12 juillet – 14 août 2006 aux éditions du Rocher, coécrit avec le colonel Michel Goya auteur de plusieurs ouvrages d'histoire militaires remarqués, comme La chair et le feu, une étude sur l'armée française durant la Grande Guerre, parue chez Tallandier en 2004. Michel Goya est par ailleurs connu pour être l'animateur du blog la voie de l'épée auquel Marc-Antoine Brillant, que nous remercions de nous accorder cet interview, contribue également. 

Propos recueillis par Adrien Fontanellaz


samedi 15 février 2014

Perdre la Guerre Froide : la somme de toutes les erreurs (2/2)



Les Etats-Unis renouent avec une stratégie offensive


Le raidissement sous l’ère Carter
L’arrivée de l’administration Carter au pouvoir en 1977 s’accompagne d’un abandon progressif de la doctrine Nixon-Kissinger de coexistence (relativement) pacifique face à l’expansion stratégique de l’URSS. Le président américain signifie clairement au premier secrétaire soviétique Brejnev que profiter de la révolution Islamique en Iran pour prendre pied dans cette région représenterait un casus belli, de même qu’intervenir militairement en Pologne pour écraser le soulèvement des syndicats. Ce durcissement est en particulier dû à son conseiller à la défense Brezinski (d’origine polonaise et farouchement anti-communiste). Ce dernier pousse également à envoyer discrètement de l’aide au rebelles Afghans qui s’organisent face au pouvoir procommuniste d’alors, dès avant l’intervention soviétique dans ce pays1


Par Jérôme Percheron


lundi 10 février 2014

Perdre la Guerre Froide : la somme de toutes les erreurs (1/2)


A notre époque marquée par les interventions extérieures et la contre-insurrection, on a du mal à imaginer qu’il y à encore une trentaine d’années, on se préparait en Europe même, à un conflit de haute intensité, avec un risque élevé d’escalade nucléaire.

Affiche soviétique pour les 35 ans du Pacte de Varsovie
source : http://adream.e-monsite.com/album/la-propagande-pendant-la-guerre-froide/affiche-urss-a-la-gloire-du-pacte-de-varsovie.html



Le pacte de Varsovie, créé en 1955 et dissout en 1991, représente la plus gigantesque alliance militaire de tous les temps. Sa principale zone d’action était le centre-europe, en cas de conflit avec l’OTAN. Sa doctrine apparaissait comme résolument offensive, d’importantes forces étant massées, sur le pied de guerre, aux frontières de l’Europe de l’Ouest, notamment en RDA. Finalement, toute cette puissance s’est effondrée sans combat, avec un résultat géostratégique équivalent : les occidentaux étant maintenant (pacifiquement) aux portes de la Russie, lui contestant même les ex-marches intérieures de l’empire, comme l’Ukraine et la Biélorussie. Comment en est-on arrivé là ? Comme nous allons le voir, cela s’est principalement joué en une douzaine d’années, des lendemains de la guerre du Viêt-Nam à l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev.
Jérôme Percheron  


samedi 1 février 2014

La Guerre d'indépendance turque (1918-1922): la revanche d'un vaincu

La fin du premier conflit mondial en novembre 1918 ne met pas fin à l'état de guerre dans les anciens belligérants. La guerre civile russe bat son plein, la Hongrie de Bela Kun affronte la Roumanie, l'Allemagne est la proie des insurrections, la Finlande, les pays baltes et la Pologne combattent pour leur indépendance tout comme les nationalistes irlandais de l'IRA.

Parmi ces conflits de l'immédiat après-Première Guerre mondiale, il en est un qui revêt une importance particulière bien qu'il soit largement méconnu: la guerre d'indépendance turque de 1919 à 1922. Ce conflit, où les troupes nationalistes turques dirigées par Mustafa Kemal affrontent différents adversaires, s'inscrit dans le mouvement des luttes de libération nationale qui touchent les territoires des Empires multi-ethniques qui se sont effondrés en 1918. Pourtant la guerre d'indépendance turque possède une originalité forte qui la distingue des autres conflits « nationalitaires ». Les nationalistes turcs se veulent en effet les héritiers de l'Empire ottoman vaincu, même s'ils le conçoivent centré uniquement sur la nation turque et veulent profondément le moderniser. Leur combat est donc essentiellement mené contre ce qu'ils considèrent comme le diktat imposé par les Alliés au peuple turc et qu'incarne le traité de paix de Sèvres.

La nation vaincue en 1918 reprend les armes contre ses vainqueurs et, contrairement à l'Allemagne, elle va parvenir à imposer ses vues et à faire reculer les Alliés.

David FRANCOIS

lundi 20 janvier 2014

"DU CHAOS A LA LUMIERE"

LA LOGISTIQUE AMERICAINE A L'EPREUVE DE LA GUERRE HISPANO-AMERICAINE DE 1898
"Ce fut une splendide petite guerre" écrivit l'ambassadeur britannique John Hay à Théodore Roosevelt. Ces mots ont gravé dans le marbre un cliché : celui que la guerre hispano-américaine de 1898 aurait été une promenade de santé pour les Etats-Unis. Il est vrai qu'en moins de quatre mois, Cuba, Porto-Rico et les Philippines ont été conquis, les Espagnols balayés, les Etats-Unis légitimés comme puissance impériale. Pourtant la logistique américaine bégaya au point que cette guerre improvisée fut perçue par la presse comme une farce tragique et que l'Army en tira des enseignements majeurs et durables. 

Nicolas Aubin