jeudi 10 juillet 2014

La première bataille d'Angleterre et la naissance du bombardement stratégique


La Première Guerre mondiale voit l'apparition de la guerre aérienne qui devient un élément essentiel de la guerre moderne. Si cette nouvelle arme fait ses preuves sur le plan opérationnel, notamment tactique, les bases de son utilisation stratégique sont également posées durant le premier conflit mondial avec les prémisses de ce qui sera appelé ultérieurement le bombardement stratégique. Il s'agit d'abord par ce moyen de frapper la machine de guerre adverse loin en arrière du front afin de la paralyser, mais le bombardement du territoire ennemi est aussi une arme psychologique destinée à terroriser les populations civiles. Si des raids de bombardement ont lieu sur Paris, la Belgique, en mer Baltique et même en Afrique entre 1914 et 1918, les seules campagnes systématiques visant des objectifs civils et militaires se déroulent contre l'Angleterre.

Pour cela l'Allemagne possède une longueur d'avance sur ses adversaires notamment grâce à aux progrès technologiques réalisés outre-Rhin dans le domaine des appareils plus léger que l'air. La flotte de dirigeables, essentiellement de marque Zeppelin, de l'armée du Kaiser, conçue à l'origine essentiellement pour des missions de reconnaissance et de collectes d'informations afin de signaler les mouvements de l'infanterie ou de découvrir les positions de l'artillerie ennemie, va devenir pour les populations civiles anglaise le symbole de la mort venant du ciel. Transformés en bombardiers, les Zeppelins vont en effet réussir à répandre la peur dans toute l'Angleterre.

David FRANCOIS.

mardi 1 juillet 2014

Aurore 8, la première bataille de Fao.

La guerre Iran-Irak résulta d'une erreur d'appréciation du raïs de Bagdad, Saddam Hussein, qui en attaquant l’Iran, anticipa une guerre d'ampleur et de durée limitée, destinée à accroître son prestige, obtenir des concessions territoriales et affaiblir le nouveau pouvoir issu de la révolution islamique. Les buts de guerre irakiens consistaient donc principalement à s'emparer de gages territoriaux avant de négocier en position de force. Cependant, cette perception n'était pas partagée par le régime iranien qui annonça que seul le renversement pur et simple du pouvoir baathiste suffirait à mettre fin à la guerre, alors que dans le même temps, celle-ci lui permettait de consolider son emprise, encore fragile, sur le pays. Le confit voulu comme limité devint ainsi une des plus grandes guerres conventionnelles de l’après-guerre. L’offensive irakienne lancée en septembre 1980 s’enlisa au bout de quelques mois au fur et à mesure que les forces armées iraniennes, initialement désorganisées et gravement affaiblies par les purges ayant suivi la révolution islamique, montaient en puissance. Après une première contre-attaque de grande envergure qui échoua au début de 1981, les Iraniens lancèrent une série d’offensives dévastatrices qui leur permirent de récupérer la quasi-totalité des territoires perdus en 1982.  Malgré ces défaites cinglantes, le régime irakien parvint à reconstituer puis accroître considérablement la taille de son armée, qui resta essentiellement sur la défensive à partir de cette année et parvint à repousser tant bien que mal les offensives iraniennes successives lancées dans le Sud, le Centre et le Nord du pays dans le cadre d’un conflit qui s’était transformé en guerre d’usure ; aucun des deux belligérants ne parvenant à infliger une défaite décisive à l’adversaire.

Adrien Fontanellaz

vendredi 20 juin 2014

Les derniers feux d’un soleil se couchant sur l’Empire. Le débarquement britannique aux Malouines

21 mai 1982. 4500 Royal Marines et parachutistes britanniques s'apprêtent à débarquer dans la baie de San Carlos, sur l'île principale des Malouines, au terme d'un périple maritime de près de 13 000 kilomètres. C'est le premier débarquement de vive force pour les troupes de sa Majesté depuis celui de Suez en 1956. En face, les Argentins, trois fois plus nombreux, les attendent de pied ferme, soutenus par une puissante aviation.

 Côtes Malouines en vue !
source : http://nationalinterest.org/blog/jacob-heilbrunn/refighting-the-falklands-war-margaret-thatcher-versus-jeane-7919


En quoi ce débarquement est-il particulier ? Comment les Anglais vont-ils finalement l'emporter ? Quels enseignements peut-on en retirer ?

Jérôme Percheron.

mardi 10 juin 2014

Ichi-Go sakusen


La guerre entre la Chine et le Japon de 1937 à 1945 est restée dans l’ombre de la Seconde guerre mondiale, principalement pour des raisons d’accès aux sources. Les publications sur ce conflit restent en effet rares en anglais et ce sans parler du français où elles sont pratiquement inexistantes. C’est pour cette raison que, malgré sa dimension relativement anecdotique si on la met en regard avec les immenses pertes subies par les Chinois, sans doute supérieures à celles supportées par l’URSS à la même époque, la détestation légendaire opposant le général Stilwell à Tchang Kaï-chek reste l’un des épisodes les plus connus et relatés de cette guerre. Pourtant, l’entrée en guerre du Japon contre les puissances occidentales constitua presque, à certains égards, une extension de la guerre sino-japonaise. Ce théâtre des opérations, devenu secondaire après le 7 décembre 1941, continua à immobiliser une partie importante des ressources militaires du Japon, alors qu’à partir de la fin de l’année 1942, celui-ci entrait dans une spirale infernale où les défaites se succédèrent sur d’autres fronts. L’opération Ichi-Go, lancée en 1944, constitue un témoignage marquant de cet état de fait. En effet, cette campagne mobilisa non seulement des centaines de milliers de soldats durant plusieurs mois mais elle fut aussi la plus vaste opération lancée par l’armée impériale japonaise au cours de toute son existence.
 
Adrien Fontanellaz

dimanche 1 juin 2014

Violence et fascisme: le squadrisme

En novembre 1918, l'Italie sort de la guerre dans le camp des vainqueurs mais c'est un pays en crise. Son système politique archaïque est incapable d'intégrer les masses populaires qui ont pourtant payé le plus lourd tribut lors des combats. Rapidement le pays doit faire face à une agitation sociale sans précédent entrée dans l'Histoire sous le nom de biennio rosso. Dans les rues les officiers sont pourchassés, dans les campagnes les paysans occupent les terres des grands propriétaires terriens, dans les villes les ouvriers organisent de vastes grèves qui parfois donnent lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre. Au début de 1920 se développe un mouvement d'occupation des usines qui sont défendues par des milices ouvrières armées. L'État est impuissant à rétablir l'ordre, la bourgeoisie a peur tandis que les dirigeants socialistes et syndicalistes refusent de sortir de la légalité.

C'est dans ce climat de tension et de crise que se développe un phénomène politique nouveau, le squadrisme. Formé en majorité par des anciens combattants qui réinvestissent dans la vie civile les pratiques violentes apprises à la guerre, ce mouvement va sortir Mussolini et ses Faisceaux du ghetto politique où ils se trouvent à la fin 1919. Le squadrisme n'est pas en effet une simple émanation du fascisme mais plutôt l'aile militaire d'un mouvement dont l'aile politique est formée par les Faisceaux de combats. Phénomène autonome, le squadrisme est un exemple de la « brutalisation » de la vie politique italienne après 1918 en utilisant des méthodes militaires au service d'objectifs politiques. Initiateur d'une guerre civile larvée, il préfigure sur bien des points, les mouvements paramilitaires, fourriers du totalitarisme, qui vont voir le jour en Europe à l'instar des Sections d'Assaut d'Hitler.

David FRANCOIS

dimanche 25 mai 2014

Interview de Vincent Bernard (Robert E. Lee, Perrin, 2014)

Vincent Bernard est journaliste ; il a suivi un cursus en histoire à l'université. Il tient le blog Le Cliophage. Il est spécialiste en particulier de l'histoire militaire contemporaine et de l'histoire américaine. Bien connu des lecteurs de magazine des éditions Caraktère, où il écrit le plus, il intervient également dans d'autres magazines comme 2ème Guerre Mondiale. Il a déjà publié plusieurs ouvrages, mais aucun du format de sa récente biographie de Robert E. Lee, le chef célèbre de l'armée sudiste de Virginie du Nord pendant la guerre de Sécession. Comme il s'agit de la première biographie de Lee en français, il nous a semblé intéressant de poser quelques questions à l'auteur, après lecture dudit ouvrage.



Stéphane Mantoux.

samedi 10 mai 2014

Le siège de Port-Arthur, guerre de siège et guerre moderne à l'aube du 20e siècle

La guerre qui opposa le Japon à la Russie en 1904-1905 est un conflit largement méconnu en France, éclipsé en grande partie par les événements révolutionnaires qui ébranlèrent la monarchie des Romanov qui suivirent le désastre militaire russe et qui apparaissent comme les préludes de la Révolution de 1917. Ce conflit ne fut pas seulement une démonstration de la faiblesse de la Russie tsariste mais aussi le révélateur de l'émergence d'une nouvelle puissance, le Japon. A ce titre il modifia les stéréotypes occidentaux concernant les Asiatiques qui démontrèrent qu'ils pouvaient rivaliser, par le biais de la technologie moderne et de l'expansion impérialistes avec les puissances européennes.

David FRANCOIS

jeudi 1 mai 2014

Interview de Martin Matter : Le faux scandale de la P-26


Martin Matter est jounaliste et historien et a travaillé pour différents médias suisses-allemands. Il a notamment été rédacteur, chef de rubrique et membre de la direction de la rédaction de la Basler Zeitung. Il a publié en 2012 P-26: Die Geheimarmee, die keine war dédié à la P-26 aux éditions hier + jetzt en 2012 et a accepté de répondre à nos questions à l'occasion de la sortie d'une traduction de son ouvrage, par Jean-Jacques Langendorf, sous le titre de Le faux scandale de la P-26 publiée par les éditions Slatkine en 2013.

Propos recueillis par Adrien Fontanellaz


jeudi 10 avril 2014

La guerre allemande: Sadowa, la bataille pour l'Allemagne.

La bataille de Königgrätz, plus connu en France sous le nom de Sadowa, est l'une des batailles les plus décisives pour l'histoire de l'Europe au 19e siècle. Si sur le plan militaire elle fut une démonstration de la puissance de l'armée prussienne, elle préfigure certains changements fondamentaux dans l'art de la guerre liés au progrès technique. Comme les batailles du passé elle se déroule sur un espace restreint où s'affrontent néanmoins plus de 450 000 hommes. Dans ce périmètre, l'artillerie autrichienne parvient à maintenir une cadence de tir jamais vue auparavant, prélude au tir de barrage de masse de la Grande Guerre. La cavalerie, reine des batailles jusqu'alors, joue encore une rôle non négligeable notamment la cavalerie autrichienne qui parvient à enrayer l'avance victorieuse de l'infanterie prussienne mais les jours de ces régiments sont comptés face à la rapidité de tir des fusils prussiens.

David FRANCOIS

mardi 1 avril 2014

L'armée de résistance du Seigneur

La Lord Resistance Army (LRA, l’armée de résistance du Seigneur) figure en bonne place parmi les groupes armés qui sont intrinsèquement liés, dans l’imaginaire collectif, aux crises humanitaires frappant le continent africain. Pourtant, si tout le monde a entendu parler de la sanguinaire LRA, il ne semble pas inutile de revenir, même brièvement, sur son histoire, dans la mesure où elle représente sans doute un bon exemple de groupe auxquelles pourrait se trouver confrontées des forces occidentales déployées sur le continent. Cet article met donc l’accent sur l’histoire de ce mouvement en tant que force militaire et ne s’étend que peu sur les causes et les conséquences humanitaires, économiques et politiques de son existence. In fine, l’étude des modes opératoires de la LRA semble révéler que ce type d’organisation peut constituer un adversaire bien plus redoutable que ne le laisserait supposer une représentation communément admise les assimilant à de simples bandes de pillards sanguinaires associant cruauté , magie et absence de buts définis. 

Adrien Fontanellaz